Le bâtiment français traverse une révolution : on est passé de la RT2012 qui regardait seulement la consommation d'énergie à la RE2020 qui comptabilise l'empreinte carbone sur tout le cycle de vie, construction comprise. Vincent Jeanbrun le rappelle : "L'exigence environnementale n'est pas négociable, mais elle ne doit jamais bloquer la construction de logements dont les Français ont besoin."
La réglementation prévoit trois jalons successifs (2025, 2028, 2031) avec réduction progressive du seuil carbone. Robin Rivaton, président de Stonal, a évalué le dispositif pour le gouvernement cet été. Son rapport du 10 juillet tire la sonnette d'alarme : la RE2020 a lancé une dynamique industrielle positive mais risque de générer des surcoûts et des arbitrages défavorables aux usagers. Vingt-trois propositions ont émergé, débattues entre août et septembre.
Le ministre lance une consultation sur un premier paquet de mesures visant à concilier verdissement et production. Au menu : modulation pour les balcons, loggias, terrasses et grandes hauteurs sous plafond, adaptation des règles aux immeubles de grande hauteur avec leurs contraintes incendie, autorisation de la climatisation collective quand elle s'impose dans les bâtiments raccordés aux réseaux urbains, seuils assouplis pour les surélévations de moins de 30% de surface. Un second décret suivra au premier semestre 2026 pour affiner l'indicateur de confort d'été face aux canicules et réviser les seuils carbone selon les dernières données disponibles. Jeanbrun promet de tenir le jalon 2028 tout en relançant la construction.