Henry Buzy-Cazaux, président fondateur de l'IMSI, a remis fin janvier son rapport au ministre du Logement, Vincent Jeanbrun. La mission confiée au printemps 2025 visait à repenser la formation des diagnostiqueurs de A à Z pour fiabiliser la filière. Une réflexion est en cours.
Peut-on encore devenir diagnostiqueur en 30, 40 ou 50 jours ? Non, tranche le rapport. Le métier a pris de l'ampleur. La faiblesse principale des formations courtes tient à l'absence de dimension pratique imposée. Le paradoxe perdure : la formation initiale reste largement théorique alors que le diagnostic est avant tout un boulot de terrain. Résultat, on peut ouvrir son cabinet sans avoir jamais réalisé un seul diagnostic.
Le rapport réclame de l'expérience terrain en plus des savoirs. Une formation initiale longue sanctionnée par un diplôme devient nécessaire. Les cursus courts marchent bien pour les reconversions mais pas pour les jeunes qui sortent du bac. Attirer cette tranche d'âge devient donc crucial vu que la moyenne grimpe dans la profession et que les entreprises peinent à recruter des opérateurs qualifiés.
Le catalogue proposé va du BTS (bac+2) au master (bac+5) en passant par la licence pro (bac+3). Le BTS "diagnostiqueur immobilier" compterait environ 1 350 heures avec au minimum deux mois de stage par an. Ce cursus intégrerait des enseignements largement zappés actuellement : enjeux juridiques, économiques, obligations européennes. Viendraient ensuite la licence pro "chargé de projet en diagnostic immobilier", puis le master "chef de projet" ou "manager opérationnel".
L'alternance serait largement favorisée quel que soit le niveau : un tiers du temps en formation, deux tiers en entreprise. Les formations courtes ne disparaissent donc pas, mais seront renforcées avec des durées allongées, davantage de présentiel, des prix planchers contre le dumping.